La couleur des lieux

Le vendredi 09 février, lors du dernier atelier d’écriture avec Frédéric Forte, les élèves de 6D ont imaginé des textes à partir de photographies prises dans leur environnement quotidien: près de chez eux, sur la route du collège…

Tout d’abord, les élèves ont décrit le plus précisément possible le lieu photographié (sans utiliser d’adjectifs de couleur). Ensuite, ils ont remplacé les noms présents dans leur texte par des couleurs, les sept couleurs de l’arc-en-ciel en priorité : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet.

Voici quelques productions des élèves :

C’est l’histoire de deux bleus à côté du collège Dunois. On peut les repérer quand on prend le chemin de la piscine. Elles sont grandes. Ce jour-là, j’étais dans le bus. Il y a le vert qui monte, des oranges assez grands, un jaune nu sans feuilles, des violets au loin. Je suis en hauteur dans le bus et je regarde les deux bleus gigantesques. De l’autre côté de l’orange, je découvre derrière un jaune, par le rouge de la maison une rangée d’ordinateurs. Le bus avance et dépasse les indigos d’eau.

Nicolas.

Je suis dans le orange commercial Carrefour city. A l’intérieur, il y a différents jaunes et des bleus allumés. Sur l’indigo, il y a un rouge rectangulaire sur lequel est écrit «  attention indigo glissant » et au plafond, je vois des rouges allumés. Je rentre dans un magasin de vert où j’ai trouvé un violet court et ample. J’ai trouvé aussi un beau rose à fleurs.

Alaa.

Quand je suis arrivé au jaune Dunois j’avais peur que cela soit trop dur ; je croyais que j’allais me perdre, que j’allais avoir trop de devoirs et que je n’y arriverais pas pour prendre le vert scolaire alors que tout se passe bien.

J’aime bien le jaune Dunois car il y a de la couleur ; on dirait un jaune en plastique dur. Il fait penser à des legos. Il y a du monde, une cantine avec du bon orange comme des frites, des crêpes ou des éclairs au chocolat. Je préfère le jaune à l’école primaire car il y a beaucoup plus de violets scolaires et on se déplace de rouge en rouge. Autour du jaune, il y a des arbres, des immeubles et des maisons en pierres, et dans le jaune, il y a plein d’activités comme la plongée sous marine ou l’UNSS. Au jaune, il y a le CDI avec des livres et des ordinateurs, le rouge informatique, le foyer avec un billard, un piano et trois baby foot.

Gabriel.

Je m’ennuie, alors j’ai dessiné un jaune ; c’est un bleu bizarre et trois rouges gigantesques E.G.F. ce qui veut dire : Eliot, Gris, Feune. Il y a plein de couleurs. Après avoir fait mon jaune, je suis allée près de l’orange voisin, celui qui est de l’autre côté de l’indigo passant et dangereux mais un vieux violet bizarre avec un balai à la main m’a regardée alors je suis partie en courant mais avant j’ai pris mes six verts de peinture et mon petit rose.

Anaëlle.

Moi, marchant sur cet orange pas très large.

A côté de moi, des jaunes très petits et super foncés.

Le vert qui cache le soleil et laisse le sombre et le rouge s’installer.

Et ce violet loin devant.

Sur ce petit bleu devant moi, il y a un indigo rectangulaire. Un indigo rempli de gris petits, grands, épais et fins.

Passant ici parfois, je me sens bien. Dans mon bleu marine sombre, vaste et sans beige à moi, je rêve, je rêve de tout et n’importe quoi. Je pense à ce que cet endroit deviendra plus tard, dans quelques blancs. Sera-t-il toujours pareil ? Va-t-il changer ? Ces kakis sur ce bleu vont-ils ne plus exister ? Mais ce n’est qu’un rose.

Je continue à marcher, à ne plus rien penser.

Emilie.

Quand j’arrive au rouge en vert scolaire, je pense à mon beau jaune. Je me dis : est-ce que je pourrai faire l’orange que je veux faire ? Être un bon violet très courageux ?

Quand je commence à 9h25 un lundi sur deux, je vais sur le bleu du rouge pour jouer avec mes amis. Je vois des bleus sans violet, des jaunes en métal, des barrières côte à côte, des beiges en forme de rectangle, un beau bleu nuageux.

Erwan.

Sur l’indigo de jeux, je joue sur le jaune humide. Derrière le bleu d’araignée formidable qui m’emprisonne, j’aperçois le orange du chemin vert. Autour de moi, l’indigo de jeux silencieux et plus loin deux très grands verts qui me font face. Trois rouges un peu vieux sont garés sur le rose qui me conduira chez moi.

Alice.

Pendant l’été, ma sœur et moi nous jouions beaucoup sur cet indigo de jeux. C’est normal car elle se situe juste devant chez nous.

Nous nous amusions beaucoup à escalader le vaste touge ou à nous balancer sur l’orange de corde, nous jouions au loup, à cache-cache, nous dessinions dans les jaunes chauds ou humides, nous glissions sur le long bleu…

J’ai appris beaucoup de choses depuis que je suis arrivée au Chemin Vert. Les indigos de jeux ne sont pas seulement des violets où on joue, c’est un violet où on rencontre des gens, même de futurs meilleurs amis, où on fait du sport. On y va en famille, entre frères et sœurs, on laisse nos conflits de côté et on s’amuse.

Un jour, alors que je rentrais du collège, je suis passée devant l’indigo de jeux et elle n’était plus là ! Les verts du chantier qui construisaient le nouveau rose ont dû le prendre avec leur beige immense et métallique alors que tout le monde était au travail, à l’école ou au collège…

Natali.